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Dans le livre L’Amour sous algorithme, sorti en mars 2019, la journaliste Judith Duportail devoile les rouages de l’application de rencontres. Sexisme, discriminations, «agisme»… Adaptee en documentaire, une telle enquete fascinante est diffusee votre mercredi 19 janvier dans France 2.
«Tinder et une inscription au Club Med Gym, tout ca le aussi jour : le bon package post-rupture.» En 2014, la journaliste Judith Duportail, 32 annees aujourd’hui, decouvre l’application de rencontres Tinder. Excitee des le commencement, elle y trouve une maniere de doper le amour-propre. 870 echanges prochainement, elle dechante. Si Tinder facilite la prise de contact, il efface tout hasard et spontaneite dans la recherche amoureuse. Dans son livre L’Amour sous algorithme, publie le 21 mars 2019 aux editions Goutte d’Or, la petit femme essaie de saisir le fonctionnement de votre entreprise, responsable selon i§a d’un veritable «capitalisme sexuel». Une enquete fascinante, adaptee en documentaire par la societe de production Federation Entertainment et realisee par Jerome Clement-Wilz, a decouvrir mercredi 19 janvier a 23 heures dans l’emission Infrarouge sur France 2.
A lire aussi » Tinder, Happn… “Il est aussi facile de se faire livrer 1 mari sexuel qu’une pizza”
En video, les indices qui prouvent que vous etes amoureux
Note de “desirabilite”
Dans son livre L’Amour sous algorithme, Judith Duportail tente de saisir les rouages de Tinder.
Sur Tinder, c’est «un supermarche d’une “chope”», assure Judith Duportail dans son livre. Fin 2015, l’application revendique 60 millions d’inscrits. Petite piqure de rappel Afin de des profanes : si un profil nous interesse, on glisse le pouce (swipe en anglais) vers la droite. Si le sentiment (ou l’appetit) est reciproque, on obtient un match et on va pouvoir commencer a discuter. A contrario, un swipe vers la gauche et on laisse le webmaster en rayon pour les autres. En France, 45 millions de swipes sont realises chaque jour. Mais comment Tinder classe-t-il tous les profils qui apparaissent dans l’ecran ? D’apres l’entreprise, seules l’activite recente, les preferences d’age/sexe et J’ai geolocalisation entrent en jeu.
Oui mais… Judith Duportail souligne que votre systeme n’est pas aussi aleatoire. A commencer par l’elaboration d’une note dite de «desirabilite». Elaboree secretement via Tinder, une telle evaluation determine la position de chaque utilisateur dans la liste des pretendants. En 2016, c’est le journaliste americain Austin Carr qui devoile cette information dans la presse apres un diner avec le cofondateur de Tinder, Sean Rad. Ce soir se vantait carrement d’avoir un score bien au-dessus de la moyenne. En 2017, Judith Duportail a cherche a connaitre le sien, en vertu d’une loi europeenne sur la protection des informations. Reponse de Tinder : pas de note divulguee mais l’envoi d’un document de 802 pages avec l’integralite de l’ensemble de ses donnees personnelles (curriculum vitae, contenu des messages, heure et lieu de connexion, precisions Facebook et Instagram) collectees par l’appli.
Selon des interactions, cette note va augmenter ou diminuer. Ainsi, frequenter un premier de classe nous fera gagner des points tandis qu’un cancre nous en fera perdre. A l’origine, ce raisonnement, appele «Elo Score», etait utilise au sein des competitions d’echecs et de jeux video. Visiblement accule par les revelations du livre, Tinder a annonce dans un communique, diffuse concernant son blog le 15 mars 2019, avoir abandonne votre systeme de bonus/malus, affirmant qu’il est obsolete.
Un systeme qui fausse totalement la rencontre
L’algorithme favorise la mise en relation des hommes plus ages avec des femmes jeunes, moins riches et diplomees
«Notre systeme actuel ajuste les matchs potentiels que vous voyez, a chaque fois que ce profil est swipe a gauche ou a droite, ainsi, tout changement concernant l’ordre des matchs potentiels qui vous sont presentes est effectue en 24 heures», assure Tinder au sein d’ sa declaration. Une maniere d’edulcorer Notre realite. Contactee par une chercheuse en humanite digitale, Judith Duportail decouvre que J’ai societe a fait breveter votre systeme permettant d’identifier l’intelligence, les complexes d’interets, le physique ou encore l’appartenance ethnique des utilisateurs en scannant leur
biographie, leurs photos et meme l’article des messages prives. Tout ceci dans le but de denicher des points en commun Afin de favoriser la rencontre et «faire naitre une croyance en la destinee», d’apres votre journaliste. Ainsi, nous pouvons matcher avec quelqu’un parce que nous avons identiques initiales, la meme couleur des yeux…
Pis encore, on decouvre que votre brevet, nomme US 2018/0150205A1 et accessible en libre acces via Google Patents, se baserait sur «un modele patriarcal des relations heterosexuelles». Ainsi, l’algorithme favorise la mise en relation «des hommes plus ages avec des femmes jeunes, moins riches et diplomees» mais pas l’inverse. De votre maniere, ces dames d’age mur et les jeunes hommes sont desavantages. Pour se justifier, le brevet explique que «des observations empiriques montrent que ces differences demographiques n’ont pas le aussi effet i propos des choix effectues par les hommes et ces dames en matiere de rencontres amoureuses».
Interrogee par la journaliste, Julie Sacco, une des porte-paroles de Match Group la societe mere de Tinder, nie totalement les realises. «Vous nous avez fourni une interpretation fallacieuse des brevets, du systeme de matching de Tinder, et de l’application du brevet a la plateforme », lui ecrit-elle par mail. «L’amour sous algorithme est votre jeu dont nous ne connaissons par les regles», conclut Judith Duportail.
Tinder et des autres
Pendant le enquete, l’auteure a nourri le bricolage de divers temoignages d’experts. Parmi eux, un avis eclairant de Paul-Olivier Dehaye, mathematicien suisse. Mal choque via les methodes de l’application, ce specialiste du micro-targeting denonce une societe forcement plus opaque. «Vos donnees personnelles servent a vous attribuer une note dans Tinder, oui, repond-t-il a Judith. Neanmoins, decident aussi a quelles offres d’emploi vous avez acces via LinkedIn, combien vous allez payer pour garantir votre voiture, si vous pouvez contracter 1 emprunt, ainsi, demain quelle publicite vous verrez au metro. Du coup, toute la existence va i?tre bouleversee, predeterminee avec chacune des informations collectees sur vous.» Bienvenue dans Black Mirror.